Éléonore False a conçu l’exposition « Sœur de jour » dans l’esprit du collage, son médium privilégié. Elle y réunit des œuvres réalisées depuis une douzaine d’années, les recomposant en nouveaux ensembles et inventaires selon leurs affinités sensibles et poétiques. Au cœur de l’exposition, une installation nous plonge dans une évocation de l’intime, de la peau et de ses parures. Les galeries périphériques s’ouvrent quant à elles au monde du vivant à travers une large sélection de collages. Herbiers et bestiaires, traités d’anatomie ou d’arts décoratifs entrecroisent leurs formes, motifs et textures dans des représentations hybrides où le réel se réinvente. Sœur de jour est aussi le titre de la grande œuvre textile au sol qui accueille, comme un écrin, des céramiques, tapisseries et images-sculptures. À sa surface affleurent les lignes d’un plateau d’assemblage, objet utilisé pour agencer les perles éparses d’un bijou. Cet outil de composition résonne ici comme une métaphore du collage, que l’artiste envisage bien au-delà de la feuille de papier. Son répertoire de formes découpées est agrandi, mis en volume ou transformé en d’autres matériaux pour entrer en relation avec le corps et l’espace. Dans cette exploration protéiforme de l’image, Éléonore False recourt aux savoir-faire artisanaux et industriels qui introduisent les usages du quotidien dans le champ de l’art.
