Un bâtiment étrange pour un drôle d’Animal : Le Bélier de Cangé

LE BELIER DE CANGE

Pour mémoire la création d’une usine de traitement, la construction d’un château d’eau (800 m3), et le début de la construction du réseau de distribution d’eau potable eurent lieu en 1953.

Auparavant, les habitants de Saint‑Avertin disposaient de 194 puits et forages (décompte réalisé pour l’armée allemande en 1941) pour une population de 3252 habitants et 521 chevaux et bêtes à cornes.

En 1835, M de Richemont fora 2 puits, l’un pour l’irrigation des prairies du Cher, l’autre pour le service du Château de Cangé

Aucun document en notre possession ne permet de dater l’installation du “Bélier Hydraulique”.

Si on se réfère au bélier du château de la Plaine à Fondettes installé en 1864 ; et compte tenu que les propriétaires du château étaient très attentifs à l’évolution des techniques on peut supposer cette installation est de la même époque. L’eau était remontée dans une citerne sur le toit de l’orangerie; de là par gravité, le rez de chaussée était alimenté en eau.

En 1889, des travaux furent entrepris pour installer une pompe destinée à fournir plus rapidement des quantités plus importantes d’eau.

Par la suite un surpresseur fut installé pour desservir les étages supérieurs à partir de réservoirs installés dans les caves du château.

Revenons à l’installation proprement dite ;

Contrairement   à de précédents écrits sur le sujet, le bélier n’a jamais été actionné par les eaux du Cher et, en aucun cas, n’a alimenté le château avec celles ci. Le captage ou l’eau servant au bélier provenait d’une fosse située dans le sous-sol d’un bâtiment dans le parc de Cangé, visible à partir de la route de Larcay situé près des Graviers. Cette fosse constituait la tête d’un puits artésien, et il est fort probable, que ce bâtiment ait été édifié ultérieurement, au – dessus de cette fosse afin que l ‘ensemble de pompage puise directement dans celle – ci.

Le bélier, quant à lui, est presque en face de l’autre côté de la RN 76, au coin du chemin privé qui conduit aux anciennes sablières. Il ne reste aujourd’hui qu’un massif en béton, entouré d’une margelle ronde en pierre. Au centre émergent la cloche qui renfermait l’air, les restes des clapets et les tuyauteries d’arrivée et de départ. Les pertes du bélier rejoignaient le ruisseau jouxtant le chemin privé

Un ouvrage coquet abritait celui – ci; de mémoire de riverain il était constitué d’une tour en pierre qui avait pour base la margelle. Une porte en chêne cloutée la fermait. Autour de celle ci, une coursive permettait d’en faire le tour, sur sa périphérie six pierres de taille servaient de socle à des poutres en chêne verticales reliées entre elles par des arbalétriers cintrés en forme d’ogive. Un toit en ardoises protégeait l’ensemble.

De la cheminée d’équilibre il ne reste q’une bride de jonction avec la tuyauterie venant du captage et le départ vers le bélier. Celle – ci, implantée dans les prés face au bâtiment, était constituée d’un tube haubané d’un diamètre de 200 mm environ et de 2,50 m environ de hauteur

Sur le plateau, derrière l’orangerie, subsiste une partie de la canalisation d’amenée d’eau du captage (conduite murée).

Et le débit nous direz- vous ? Difficile de répondre à cette question ; nous allons essayer quand même de le chiffrer. Par un courrier repris dans « Etudes sur la Touraine Tours 1858 » de C Chevalier et G Charlot, nous savons que « pour le service du château de Cangé. le puits artésien donne 1,200 litres d’eau à la minute, à 7 ou 8 mètres au‑dessus de l’étiage du Cher, et soulève 77  litres à 35 mètres de hauteur sur le coteau ».